• Surgi au cours des années 1980, le cyberpunk a marqué la science-fiction de son empreinte, donnant une contrepartie littéraire aux fulgurances esquissées au cinéma par l'iconique Blade Runner. Avec des oeuvres majeures comme Neuromancien de William Gibson, tout un imaginaire s'est alors ouvert, révélant des anxiétés appelées à résonner durablement... Prolifération technologique, évasion dans des mondes virtuels, domination économique des multinationales, précarisation sociale, fragmentations culturelles en nouvelles tribalités : en quoi et comment ces visions peuvent-elles (encore) faire sens à quelques décennies de distance ? Yannick Rumpala, maître de conférences en science politique à l'université de Nice, explore ici les thématiques et projections installées par ce mouvement littéraire, la manière dont il s'est coulé dans une modernité déjà chancelante et a cultivé les germes des incertitudes futures de nos existences. Tel un laboratoire dont les expérimentations auraient malencontreusement débordé...

  • L'humanité doit-elle se préparer à vivre sur une planète de moins en moins habitable ? Comment adapter l'équipement intellectuel collectif pour éviter cette situation ? Et pourquoi pas en recourant à la science-fiction et à son potentiel imaginaire ?
    Dans la masse de récits et de représentations qu'elle offre, on peut trouver des ouvertures inspirantes, aidant à réfléchir, éthiquement et politiquement, sur les manières pour une collectivité de prendre en charge les défis écologiques. La science-fiction, au-delà du découragement ou du sursaut de conscience qu'elle est censée susciter, offre à la réflexion, en plus d'un réservoir imaginaire, un support de connaissance qui est susceptible de nous aider à habiter les mondes en préparation. Et à avancer vers une autre éthique du futur...

  • Que deviennent les préoccupations concernant l'environnement lorsqu'elles sont prises en charge par les pouvoirs publics ? Les structures ministérielles chargées de l'environnement tendent à bénéficier d'un certain renforcement et l'action gouvernementale réserve une place large à ce champ d'intervention. Mais les considérations et impératifs économiques semblent parallèlement tenir une place croissante dans l'élaboration des décisions publiques concernant l'environnement. Trois domaines (les déchets ménagers, les paysages et les transports routiers) sont ici étudiés.

  • Difficile aujourd'hui de ne pas croiser des incantations à un " développement durable ".
    Si l'enjeu est effectivement pris dans une abondance de discours, il apparaît aussi de plus en plus nécessaire de s'intéresser à ses prolongements, aux effets pratiques qui commencent à devenir visibles, notamment dans les activités de gouvernement. Au-delà de l'analyse de la notion et des rhétoriques qui s'en réclament, ce livre propose de passer à un autre stade de la réflexion : il vise à questionner la possibilité d'un basculement historique, sous l'effet de transformations, de reconfigurations, d'ajustements qui semblent s'accumuler dans l'ordre institutionnel et gouvernemental.
    L'objectif de " développement durable " signalerait-il l'entrée dans un nouveau moment de l'histoire collective ? L'évolution en jeu peut en effet toucher le coeur des institutions contemporaines, précisément dans leur rapport au changement et à la manière de le prendre en charge collectivement. Puisque le nouveau grand dessein commun semble désormais de promouvoir et de poursuivre un changement profond et général, le travail à entreprendre se doit d'examiner les conditions de cette transition de plus en plus souvent invoquée, notamment dans ce qu'elle peut induire comme transformations des modes de gouvernement et de régulation des activités humaines.

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