• Pourquoi l'Afrique en est là ?
    Toute analyse de la situation de l'Afrique actuelle, tout programme d'aide au développement qui omettraient le coefficient humain manqueraient leur but. [...] Il ne s'agit pas ici d'occulter ou de minimiser les plaies ordinaires maintes fois recensées du continent - guerres, sida, famines... -, ni de les surdimensionner, mais de rechercher les racines profondes de ces calamités, de fixer des repères en vue d'une expertise des voies et moyens d'une sortie possible de cet engrenage, qui n'est nullement une fatalité.

    En onze chapitres concis, sans concession ni précaution inutile, Tidiane Diakité - Malien d'origine, professeur agrégé d'histoire ayant une longue et précieuse expérience de l'enseignement en Afrique et en France - brosse ici un tableau sévère de la situation en Afrique subsaharienne, dénonçant à la fois l'aide mal organisée des pays développés et l'incurie, voire la corruption, des dirigeants africains. Mais il ne s'arrête pas à un simple constat, il préconise quelques idées pour l'avenir du continent.

  • Si l'histoire de l'esclavage et celle de la traite des Noirs sont généralement asssez bien connues, leur dimensions spécifiquement africaines, la participation active des Africains eux-mêmes, n'ont jamais fait l'objet d'une étude autonome alors qu'elles constituent un des aspects essentiels de cette histoire. Certes, tous les peuples d'Afrique ne furent pas acteurs, ni tous les rois africains marchands de « bois d'ébène », mais il importe avant tout d'essayer de comprendre, non de juger ou de condamner unilatéralement les peuples blancs ou noirs, afin d'avoir enfin une approche honnête et dépassionnée de ce sujet.

  • Si la jeunesse est l'avenir du monde, la jeunesse africaine mérite qu'on lui tende la main. Que fait l'Afrique pour sa jeunesse ? Que fait le monde et surtout l'Europe pour les jeunes d'Afrique en cette ère de mondialisation ? La jeunesse d'Afrique cumule tous les handicaps. A la faillite politique des aînés s'ajoute le poids de structures sociales et culturelles sclérosantes. Or l'évolution est au prix de cette remise en cause. C'est à cet éveil qu'il faut convier la jeunesse africaine. L'aide internationale à l'Afrique sous sa forme actuelle est-elle adaptée aux besoins réels de ce continent ? Pourquoi l'Afrique sombre-t-elle, quand l'Asie et l'Amérique latine émergent ?

  • Depuis son émergence de l'étau colonial, veut-on vraiment que l'Afrique sorte de son marasme où l'ont plongée 40 années de programmes " d'aide " ? Il faut que l'Afrique s'ausculte enfin elle-même. Diagnostiquer le mal et en conséquence mettre sur pied un protocole de guérison et un traitement à long terme ne nécessite qu'une volonté politique de la part des élites africaines. L'auteur passe en revue les diverses facettes de l'Aide et propose une stratégie de sortie de la crise structurelle.

  • La France douterait-elle d'elle-même ? L'école, le civisme sont en crise profonde. Le nier serait suicidaire. Les réhabiliter et sauver la République exige le concours de tous. La République ne peut vivre en dehors des citoyens. Comment faire de la France une démocratie moderne et apaisée ? La rénovation de la pratique politique s'impose à cet égard comme une voie prioritaire. Le défi pour les responsables politiques est double : conforter la cohésion nationale et assurer le rayonnement extérieur de la France qui n'est elle-même que lorsqu'elle parle le langage de l'Universel.

  • L'Education nationale, c'est près du quart du budget de la nation. Pour quel résultat ? Une école de moins en moins égalitaire, menacée de ghettoïsation accélérée que désertent de plus en plus les valeurs fondatrices de la République. La mutation profonde qui caractérise l'école en France depuis 30 ans s'accompagne aussi de celle de l'enseignant. Insensiblement, le professeur cède le pas au "prof", démuni, dégradé, aux repères brouillés dans une société qui l'observe et le juge. L'école a plus que jamais besoin d'une action forte, lucide et courageuse.

  • Les relations entre la France de Louis XIV et l'Afrique noire, surtout les rapports personnels noués par Louis XIV avec des souverains de la côte africaine demeurent un aspect méconnu de la diplomatie du Roi Soleil.
    Or c'est Louis XIV qui posa les fondements de l'AOF, laquelle n'aurait certainement pas vu le jour sans son action.
    De tous les rois de France - et même d'Europe -, Louis XIV est celui qui ouvrit largement sa cour aux Africains, qui reçut le plus d'émissaires et d'ambassadeurs venus du continent noir, et qui, en retour, dépêcha le plus grand nombre d'ambassadeurs et de représentants en Afrique. C'est lui qui fit le plus de présents aux rois africains.
    Durant tout son règne il s'engagea personnellement dans les relations entre la France et l'Afrique, nourrissant l'ambition de faire du continent noir une terre catholique.
    C'est en Afrique qu'il espérait trouver un des moyens de sa politique européenne, de son hégémonie et de son rayonnement.
    Le livre de Tidiane Diakité (qui a publié en 2011 chez Arléa 50 ans après, l'Afrique) révèle aussi des aspects inédits sur les regards croisés : regard porté par les contemporains de Louis XIV sur l'Afrique et les Africains et, réciproquement, perception de la France et des Français par les Africains.
    Certains détails frappent par leur résonance avec l'actualité des relations entre la France et l'Afrique, entre Africains et Français. S'en dégage l'impression que c'est Louis XIV qui a ouvert à la France les portes de l'Afrique et forgé les relations entre Africains et Français d'aujourd'hui.

  • Immigration : un mot chargé d'espoir pour les uns, porteur de craintes pour les autres.
    En quête d'un endroit où vivre, les premiers s'expatrient, les seconds se replient là où ils sont nés. Associant des références historiques au vécu d'un bourg breton (Montfort-sur-Meu) confronté à l'expatriation de travailleurs maliens, ce livre fait se rencontrer, par la parole, des migrants et des « accueillants », il participe à la réflexion sur les enjeux et les défis que constituent l'immigration et l'intégration.
    Dans sa préface, Madame Aminata Traoré (ex ministre de la culture du Mali, militante altermondialiste) nous questionne : « Que faut-il faire pour naître et être du bon côté de ces barrières qui s'érigent entre les peuples, précisément au moment où les prouesses technologiques et le discours dominant entretiennent l'illusion d'un monde global, ouvert, libre et à terme, gage de prospérité pour tous ? »

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