• " Sans prétendre être le porte-parole d'une génération, je m'adresse, dans ce livre, moins aux gens de mon âge nés dans l'entre-deux-guerres, qu'à nos cadets pour leur rappeler le monde ancien d'où nous venons et comment nous voyons celui qui vient, dans sa complexité et ses contradictions.
    Un monde de la vitesse, de l'instant et du bruit, où les nouvelles technologies de la communication abolissent en bien des domaines les pesanteurs du temps et de l'espace, au risque de nous faire oublier les vertus de la lenteur, du silence et de la longue durée. Un monde qui voudrait croire au développement durable, à la tolérance et à la diversité culturelle, en dépit de la frénésie consommatrice, du tintamarre médiatique et de la violence toujours à l'oeuvre.
    Avec le recul du temps, nous mesurons mieux ce qu'a de précieux l'héritage que nous avons reçu de nos parents et de nos maîtres : les valeurs, les principes, les usages et la mémoire qu'ils nous ont inculqués et dont nous tenons le meilleur de ce que nous sommes. Nous avons la passion de transmettre ce legs de sagesse aux générations montantes, à charge pour elles de s'inspirer de ce qu'il peut garder d'actuel dans ses exigences.
    C'est notre manière d'essayer d'être encore utiles parmi les vivants ".

  • Jacques Rigaud parle ici de lui, de sa famille, de son passé, de ce qu'il aime, de ses rêves aboutis ou restés en suspens. Mais surtout, et c'est là l'essentiel du livre, il se penche sur son passé et aperçoit, à travers sa propre histoire, l'empreinte d'une génération, "la classe creuse" comme il l'appelle : tous ceux qui, nés au tournant des années 20-30, ont contribué à rebâtir la France de l'après-guerre, pères et mères de la génération de mai 68, hommes et femmes de l'ombre qui ont oeuvré à l'écart des grandes ruptures du monde, trop jeunes pour la guerre, trop vieux pour la décolonisation ou les rêves de 68, avec l'opiniâtreté des "missionnaires" : ils avaient le sentiment que l'Histoire leur avait confié la "mission" de réinventer l'avenir...

  • Sous des formes et avec une intensité variables selon les époques, l'Etat, en France, s'est toujours mêlé de ce qu'on appelle aujourd'hui la culture. Nos partenaires, d'Europe ou d'ailleurs, ne laissent pas de s'étonner de cette particularité française dont, selon le cas, ils s'inspirent ou se moquent. Dans le débat européen et la compétition mondiale des années quatre-vingt-dix, on commence à comprendre que la culture, même si elle demeure pour chacun un choix intime, est aussi un enjeu collectif de taille. Facteur d'identité des groupes et des nations, expression de l'esprit créateur, richesse économique, source d'emplois, voire de devises : la culture est tout cela. La France, étatiste, unitaire et encore monarchique par certains côtés, a une manière bien à elle de traiter la culture et revendique aujourd'hui à grand bruit cette {exception culturelle} qu'elle n'hésite pas à brandir à la face du monde sans trop se demander si elle la sert aussi fidèlement qu'elle le prétend.

  • Un homme, au faîte de sa carrière, décide de rompre pour un temps avec la vie qui fut la sienne et s'installe dans une "chartreuse", loin de tous et de toutes, loin de ses préoccupations jusqu'alors quotidiennes, du monde de la communication et de la culture, loin de tout ce qui fit son quotidien - et son miel - des années durant. Sans nouvelles du monde, lui qui ne pouvait entamer une journée sans se gaver d'informations, il va découvrir une nouvelle vie, faite de silence et de méditation. Dans un détachement qui tend au monacal, notre homme fait le bilan, met au jour bien des sentiments et des dispositions qu'il ne se connaissait guère. A propos de la musique, de la lecture, mais surtout de son rapport aux autres, et de la foi. Un jour, pourtant, il lui faudra bien refaire surface avant que de replonger dans la vraie vie...Jacques Rigaud nous livre, là, son premier roman. Mais un roman paradoxal, si personnel, si lourd de la présence de l'auteur qu'on se demande immédiatement s'il ne s'agit pas de mémoires, ou plutôt d'anti-mémoires. Fausse autobiographie mais vraie présence. Tout est vrai, sauf l'imaginaire.Le résultat est un livre écrit d'une main alerte. Un étonnant regard sur l'inconscient, non plus seulement d'un homme singulier, mais d'une époque tout entière. La nôtre.

    Après avoir passé vingt ans au Conseil d'Etat, puis sous Pompidou dirigé le cabinet du ministre de la Culture, Jacques Duhamel, Jacques Rigaud est aujourd'hui PDG de RTL, et président de Admical, une association qui promeut le mécénat dans le monde des entreprises. Il est l'auteur de plusieurs livres dont la Culture pour vivre (1990), Miroir des mots (1991), le Bénéfice de l'âge (Grasset, 1993) et l'Exception culturelle (Grasset, 1995). Un balcon sur le temps est son premier roman.

  • A la lumière de plus de trente années d'engagements culturels, Jacques Rigaud s'interroge ici sur l'avenir des politiques culturelles en France.
    Des évolutions irréversibles remettent en cause le rôle central de l'Etat tel qu'il est défini depuis les débuts de la Ve République : la mondialisation et le primat de l'économie de marché, la décentralisation, les nouvelles technologies, la construction européenne. En l'absence de volonté politique et d'engagement personnel au plus haut niveau de l'Etat, nous continuerons d'assister à la fois à une fonctionnarisation croissante de la vie culturelle et à son abandon au marché - bref, à une disparition progressive de " l'exception française ".
    Car ce qui nous différencie des autres pays et donne tout son sens à notre pacte républicain, c'est précisément une certaine idée de la culture comme chose publique, c'est-à-dire comme patrimoine et comme projet communs. Prenons garde que sa superbe " inutilité " électorale et marchande ne nous fasse oublier la culture elle-même... Car si l'on n'a jamais défilé dans la rue pour réclamer un musée, un orchestre ou une bibliothèque, leur disparition tarirait la source même du lien social et de l'identité nationale.
    La culture ne cesse de se réinventer : osons repenser nos politiques culturelles. Les Deniers du rêve mêle aux analyses critiques et aux propositions (approche culturelle de l'exclusion, mécénat d'entreprise, etc.), des témoignages personnels, des souvenirs et des portraits qui donnent à cet acte de foi le charme de mémoires vagabonds.

  • " Devenir prêtre au troisième millénaire peut sembler anachronique. Pourtant, c'est à cet appel que j'ai répondu le 2 juillet 2000 étant ordonné à quarante ans, après plusieurs années de vie professionnelle. Le Christ a bouleversé mon existence, m'entraînant sur un chemin où au début je ne désirais pas aller, et où j'ai pourtant trouvé le bonheur." Tout au long de cet entretien avec Jacques Rigaud, le père Patrice Gourrier présente avec pudeur et simplicité le parcours qui l'a amené à devenir prêtre. Mais la joie, le bonheur d'avoir répondu à cet appel n'effacent pas les questions qu'il se pose sur l'Eglise et la société. Ensemble, ils abordent des thèmes aussi divers que la solitude, la mondialisation, la crise des vocations, l'importance du corps dans la spiritualité, l'écoute de l'autre, l'estime de soi, l'écologie, et s'interrogent sur le rôle que pourrait jouer le prêtre de demain dans notre société.

  • Une manière d'autobiographie intellectuelle, professionnelle et sentimentale à la lumière des écrits de Montaigne auquel l'auteur emprunte son titre : tel est ce livre de moraliste sur la vieillesse.
    L'auteur accueille la retraite comme une « apogée de la liberté personnelle ». Sa formation « d'enfant des Epinettes », la rencontre de maîtres de vie dont il brosse les portraits (Jacques Duhamel, Edgar Faure, Pierre Sudreau...), une carrière de grand commis de l'Etat attelé à des tâches très concrètes (la conduite de l'UNESCO, la création du musée d'Orsay, la mise sur pied du mécénat d'entreprises...), une réflexion sur la paternité et sur l'amitié, des interrogations d'écrivain et de lettré sur les mots, l'affirmation d'une foi religieuse vibrante et inquiète : autant d'étapes de ce livre sur un chemin tracé par l'éxégèse de Montaigne.

  • " Machiavélisme ", " machiavélique " : depuis près de cinq siècles, ces termes n'ont cessé d'être employés, et dans un sens souvent polémique et critique.
    Étrange fortune posthume du secrétaire florentin, dédaigné par les Médicis, mais dont l'oeuvre a inspiré beaucoup de ceux qui ont tout fait pour conquérir et conserver le pouvoir. Quel est le sens du machiavélisme en ce début du xxie siècle ? C'est la question que pose Jacques Rigaud, après un long parcours alterné entre les cercles du pouvoir et les médias. En un temps où les médias se prennent volontiers pour un pouvoir et le pouvoir pour un média, une lecture machiavélienne de la politique, du général de Gaulle à Chirac et Sarkozy, et de Mitterrand à Ségolène Royal, est riche d'enseignements.
    Du machiavélisme au petit pied de la politique-spectacle, au machiavélisme " modéré " que prônait Raymond Aron pour dissuader les gouvernants d'un angélisme et d'un cynisme également périlleux, l'auteur du Prince et des Discours sur la première décade de Tite-Live offre une grille de lecture pertinente et d'une étonnante actualité.

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