La Volte

  • Les furtifs

    Alain Damasio

    Ils sont là parmi nous, jamais où tu regardes, à circuler dans les angles morts de la vision humaine. On les appelle les furtifs. Des fantômes?? Plutôt l'exact inverse?: des êtres de chair et de sons, à la vitalité hors norme, qui métabolisent dans leur trajet aussi bien pierre, déchet, animal ou plante pour alimenter leurs métamorphoses incessantes.

    Lorca Varèse, sociologue pour communes autogérées, et sa femme Sahar, proferrante dans la rue pour les enfants que l'éducation nationale, en faillite, a abandonnés, ont vu leur couple brisé par la disparition de leur fille unique de quatre ans, Tishka - volatilisée un matin, inexplicablement. Sahar ne parvient pas à faire son deuil alors que Lorca, convaincu que sa fille est partie avec les furtifs, intègre une unité clandestine de l'armée chargée de chasser ces animaux extraordinaires. Là, il va découvrir que ceux-ci naissent d'une mélodie fondamentale, le frisson, et ne peuvent être vus sans être aussitôt pétrifiés. Peu à peu il apprendra à apprivoiser leur puissance de vie et, ainsi, à la faire sienne.

    Les Furtifs vous plonge dans un futur proche et fluide où le technococon a affiné ses prises sur nos existences. Une bague interface nos rapports au monde en offrant à chaque individu son alter ego numérique, sous forme d'IA personnalisée, où viennent se concentrer nos besoins vampirisés d'écoute et d'échanges. Partout où cela s'avérait rentable, les villes ont été rachetées par des multinationales pour être gérées en zones standard, premium et privilège selon le forfait citoyen dont vous vous acquittez. La bague au doigt, vous êtes tout à fait libres et parfaitement tracés, soumis au régime d'auto-aliénation consentant propre au raffinement du capitalisme cognitif.

  • Une Horde est formée pour remonter la Terre à contre-courant, dans l'espoir de découvrir l'origine du vent. 23 membres exceptionnels sélectionnés dès leur plus jeune âge, 23 fonctions précises au sein de cette 34e horde, sans doute la meilleure de tous les temps. Elle est baptisée la Horde du Contrevent.
    Deuxième roman d'Alain Damasio, entre fantasy et science-fiction, emprunt de philosophie.

  • 2084. Orwell est loin désormais. Le totalitarisme a pris les traits bonhommes de la social-démocratie. Souriez, vous êtes gérés !
    Le citoyen ne s'opprime plus : il se fabrique. À la pâte à norme, au confort, au consensus. Copie qu'on forme, tout simplement.
    Au coeur de cette glu, un mouvement, une force de frappe, des fous : la Volte. Le Dehors est leur pays, subvertir leur seule arme.
    Emmenés par Capt, philosophe et stratège, le peintre Kamio et le fulgurant Slift que rien ne bloque ni ne borne, ils iront au bout de leur volution - et même au delà, jusqu'à construire cette vie de partage, rouge, que personne ne pourra plus leur délaver.

  • En grande majorité, l'oeuvre de nouvelliste d'Alain Damasio est inconnue ou méconnue alors qu'on y retrouve la même puissance et le même souffle stylistique que dans ses romans, admirablement reçu par la critique et les lecteurs. Le florilège ici retenu comporte 10 nouvelles écrites entre 2000 et 2011, dont certaines inédites et d'autres déjà publiées, souvent à titre confidentiel, dans des magazines, revues ou anthologies. L'ensemble, original, cohérent et de grande qualité, comblera les passionnés de l'auteur (en attente d'un livre depuis sept ans) et amènera de nouveaux lecteurs à découvrir son univers.
    Les thèmes de prédilections d'Alain Damasio y sont en effet omniprésents : le mouvement et le lien, la vitalité, l'autodépassement, le combat politique et philosophique.

  • Juin 1640 : en quittant Port-Margot, havre français perdu au milieu d'une mer espagnole, Henri Villon, capitaine du brigantin Chronos, part donner la chasse à un galion spaniard. Son but : une maravilla, une des merveilles secrètes, si rares, qui apparaissent quelquefois aux abords du nouveau monde. À bord du navire, un ballot d'échoués forme l'équipage : le bosco, dit Le Cierge, le mousse, dit La Crevette, les frères Mayenne qui font office d'égorgeurs ainsi que le maître canonnier Vent-Calme, chacun à part, tous fidèles au rêve de leur capitaine.
    Mais le rêve se brise soudain quand le commodore Mendoza, la terreur des flibustiers caraïbes, envoie le Chronos par le fond.
    Quelques instants avant que sombrent son destin et son navire, Henri Villon a eu le temps d'apercevoir une chose impensable, digne des plus vieilles histoires qui hantent l'âme des marins : un Léviathan de fer glissant dans l'orage, capable de cracher la foudre et d'abattre la mort.
    Pour le capitaine français tombé aux mains des Espagnols, tout semble bel et bien fini. Mais dans ce nouveau monde que déchirent les cataclysmes temporels, c'est plutôt à ce moment précis que la véritable aventure commence...

  • Idem's

    Philippe Curval

    IDEM'S est un roman-feuilleton composé d'enquêtes menées par deux personnages dans une même enveloppe. Ciryl et Ælita, à la suite du terrible drame qui les a éloignés, sont en effet parvenus à fusionner en un seul corps. Un cerveau double leur confère une extrême vivacité d'esprit. À la manière du Dr Jeckyll et d'un Mr Hyde, ils peuvent agir sous une forme féminine ou masculine selon les circonstances. Afin d'accomplir un projet dont on ne connaîtra la nature qu'à la fin du roman, ils ont créé une agence tout à fait exceptionnelle pour résoudre moult affaires mystérieuses. Enquêtes qu'ils font payer à prix d'or.

    L'agence REPONSATOU est équipée d'un matériel technologique de pointe qui leur permet de s'attaquer à des problèmes souvent fantastiques : l'existence d'un jardin cannibale dans une petite commune de province - les étranges rapports entre un confiseur et son robot - l'apparition en Indonésie d'un virus dont l'activité ne ressemble à rien de connu - un ténébreux procès en Uruguay où les mirages de la réalité sont sans cesse remis en cause - une caméra au pouvoir étonnant qui les fera voyager dans le temps et rencontrer un extraterrestre très excitant - l'expérience d'un exalté qui veut revivre la carrière d'Errol Flynn - un abominable trafic de migrants noyés, etc. Durant un séjour dans leur villa sur la côte mexicaine, Ciryl et Ælita voient leur fusion cesser. C'est grâce à cette séparation corporelle qu'ils vont se retrouver charnellement et enfin réaliser leur fabuleux projet.

  • 2084. Orwell est loin désormais. Le totalitarisme a pris les traits bonhommes de la social-démocratie. Laquelle ? La nôtre.
    Souriez, vous êtes gérés ! Le citoyen ne s'opprime plus : il se fabrique. À la pâte à norme, au confort, au consensus. Copie qu'on forme, tout simplement.
    «Se libérer, ne croyez surtout pas que c'est être soi-même. C'est s'inventer comme autre que soi. Autres forces : flux, fluides, flammes. Autres formes : métamorphoses. Déchirez la gangue qui scande «vous êtes ceci», «vous êtes cela», «vous êtes.». Ne soyez rien : devenez sans cesse. L'intériorité est un piège. L'individu ? une camisole. Soyez toujours pour vous-même votre dehors. Le dehors de toute chose. » Demande sécuritaire, autocensure, surveillance citoyenne élargie, gestion subtile des flux humains, la société de contrôle repérée par Deleuze et Foucault s'inscrit désormais dans nos vies.
    Le premier roman, La zone du dehors, d'Alain Damasio est paru en 1997 chez Cylibris, puis repris en mars 2007 à La Volte. La version Folio a dépassé les 60 000 ventes, tandis que La Horde du Contrevent les 150 000 exemplaires.
    Le souffle épique et la philosophie en actes, ce roman à longue portée politique va au-delà des seuls adeptes de la science- fiction pour toucher tous ceux qui n'acceptent pas que leur liberté soit bradée sur le marché du confort et de la sécurité.

  • Amatka

    Karin Tidbeck

    Une fable politique, dans la lignée de 1984, sur le contrôle social, la peur du changement et la plus insensée des révolutions.

    « Bienvenue à Amatka... où chacun joue un rôle, où le langage possède d'étranges propriétés et où rien - pas même la texture de la réalité - ne peut être garanti. » Ainsi se présente Amatka, cette austère colonie antarctique aux ambiances post-soviétiques. Amatka, lieu interdit à la dissidence et aux sentiments, espace exigu où la liberté niche dans les recoins obscurs du langage, est une communauté heureuse mais totalement figée. Lorsque Vanja, une « assistante d'information », est envoyée en mission là-bas pour y collecter de l'intelligence à des fins gouvernementales, elle comprend rapidement que son séjour qu'elle prévoyait expéditif sera moins routinier qu'envisagé. Et pour cause, le point de bascule n'est jamais très loin dans cette colonie d'hiver, de sorte que Vanja sera amenée à enquêter parmi les ombres d'Amatka, celles qui revendiquent l'insurrection...
    Jeff Vandermeer, anthologiste du Big Book of Science- Fiction et du recueil The Weird, a considéré ce roman dès le premier instant, louant cette « exploration époustouflante et véritablement originale des mystères du réel et de ce que signifie être humain ». Fille par les lettres de Margaret Atwood et d'Ursula K. Le Guin (pour son approche sociale des Dépossédés), la suédoise Karin Tidbeck dresse une fable d'anticipation aussi réflexive qu'inventive, s'intéressant davantage aux mécanismes du changement qu'à ses seuls effets. Par son style concis et efficace, elle nous offre le portrait d'une société où les mots, dépouillés jusqu'à l'os de leur polysémie, deviennent à la fois un objet de répression et une arme, et où la communication est au coeur des rapports de force.

  • De ce livre surgissent trois univers, une réfraction de trois perspectives, la révolte de l'opprimé, le conflit colonial, la guerre religieuse : un monde où faute de pouvoir s'alimenter, le prolétariat, incarné par les mineurs, ne mange que de la pierraille ; un deuxième où les hommes mènent une lutte acharnée contre des âmes venues d'une autre dimension qui moissonnent les chairs des êtres vivants ; puis la chronique de la persécution des allophages, répugnants personnages qui se nourrissaient de végétaux et de viande - autre que la leur.
    Dans la tourmente, quelques-uns témoignent que la rencontre demeure possible. Parmi ce théâtre d'ombres, celui d'un savant disparu, Ronce Albène, fait irruption, proposant des versions grinçantes de ces trois mondes en crise, les transformant en paraboles énigmatiques et désaxées. Son livre se dérobe : reste Le Premier Souper, ronde de cauchemars et de carnavals. Les corps mis en scène ressemblent à des éruptions de besoins tous plus ou moins dépravés : dévorer, absorber, engloutir.
    Un roman qui admet des physiologies autres, primitives ou inouïes. Un premier roman en éclats, à la langue torrentielle, qui creuse jusqu'à nos tréfonds la question de l'appétit insatiable de l'humain envers les autres, envers le monde.

  • Dans la lignée des recueils Faites demi-tour dès que possible (nouvelles régionales), ou Ceux qui nous veulent du bien (avec la Ligue des Droits de l'Homme sur les nouvelles technologies), La Volte s'associe avec La Cité du design. Dans le cadre de la biennale du Design en mars 2017, une curation a été confiée à Alain Damasio et Norbert Merjagnan, ainsi que le collectif de SF Zanzibar, sur l'avenir du travail.
    Des courts textes et des sons réalisés pour la biennale par Phaune radio sont rassemblés en un CD inséré dans le livre.
    Illustration de chaque nouvelle par un objet design représenté à la Biennale.

  • Bor Durin se réveille après sept années de cryogénisation. La guerre est finie. Laquelle de guerre ? Une parmi tant d'autres, à la différence que celle-ci fut gérée par des Intelligences Artificielles, aux humeurs pour le moins fantasques. Elles ne se sont pas privées, en matière de déballage d'atrocités pour parvenir à leurs fins, au détriment d'une humanité survivante qui n'a pas d'autres options que d'espérer en d'utopiques jours meilleurs et de lutter pour survivre dans un monde délirant, balancé entre l'expansion / compression, les altérations géoclimatiques, les montagnes humaines, et toute une panoplie de mutations n'épargnant rien ni personne. Bor Durin se retrouve projeté dans un monde qui n'est plus le sien, et aura bien du mal à y trouver sa place.

    Initialement sous forme de nouvelle, Mondocane a été développé dans un roman intitulé Guerre de rien, paru en Présence du futur en 1990. Jacques Barbéri a réécrit enrichi ce roman, comme il l'a fait pour Narcose (La Volte, 2008).
    Un CD de Palo alto, intitulé Mondocane, sera inclus dans le livre.

  • Shikasta

    Doris Lessing

    Ceci est l'histoire d'un monde qui pourrait être le nôtre.
    Depuis l'instant où apparaît la vie sur cette planète bleue, dans la moiteur des mares et des étangs, jusqu'au moment où le feu nucléaire menace d'emporter la civilisation qui a fini par se développer à sa surface, voici contée l'histoire de Shikasta, jadis riche et florissante, désormais stérile, inhospitalière, « blessée à mort » - mais qui ne demande qu'à renaître.
    Shikasta ? Un monde sur le berceau duquel se sont penchés deux empires galactiques antagonistes, Canopus et Sirius, qui au terme d'une guerre sans merci s'en sont partagé les terres pour chacun de son côté y conduire des expériences évolutionnaires. Et c'est du point de vue des émissaires de Canopus, venus rendre compte des résultats de ces manipulations à l'échelle d'une planète, que va nous être narré le destin tragique de l'humanité - celle de notre Terre.
    Au fil d'une édifiante succession de textes de formes diverses - rapports, lettres, documents d'archive, le poignant témoignage d'une jeune Shikastienne..., se réécrit sous nos yeux le (véritable ?) récit de l'aventure humaine, les tâtonnements, accomplissements et erreurs d'une espèce faillible guidée sans le savoir par des puissances qui la dépassent ; des puissances dont la rivalité risque de mettre un terme prématuré à l'expérience Shikasta, déjà mise à mal au fil des siècles par les errements de primates peut-être devenus trop intelligents pour leur propre bien...
    Si Lessing avait initialement prévu d'offrir avec Shikasta un récit auto-suffisant, un genre d'histoire secrète de l'humanité, le concept de civilisations extraterrestres suffisamment avancées pour influer sur le destin d'une planète entière l'a fascinée au point qu'elle est ensuite revenue à quatre reprises dans l'univers de Canopus dans Argos, avec Mariages entre les zones trois, quatre et cinq, Les Expériences Siriennes (qui a inspiré un opéra au compositeur contemporain Philip Glass), L'OEuvre du Représentant de la Planète 8, et Les Agents Sentimentaux de l'Empire Volyien. Si le cycle revient à l'occasion sur le sort de notre planète (en l'abordant d'autres points de vue), leur auteur se penchera surtout sur de nouveaux mondes à divers stades de développement social et technologique - chaque roman se répondant l'un l'autre, tout en explorant de nouveaux territoires interstellaires ; au point que la série forme un genre de tapisserie s'étalant sur des millénaires.
    Brassant avec talents le mythe, la fable et l'allégorie, fortement inspirée par le soufisme, Doris Lessing signe avec Canopus dans Argos : Archives - qu'elle considérait comme un des sommets de son oeuvre littéraire - un véritable opéra spatial questionnant la nature même de ses congénères, leur rapport à des notions aussi fondamentales que la sexualité, la politique, la mortalité ou la transcendance.

  • En Argentine Angélica Gorodischer est une auteure aussi importante que J.L.Borges, J. Cortazar, A. Bioy Casares, E.Sabato, et pourtant elle n'a jamais été traduite en France, en dehors d'une nouvelle dans l'anthologie bilingue consacrée aux auteurs argentins contemporains de Mathias de Breyne.
    Ses oeuvres sont en revanche traduites dans de nombreux autres pays - Kalpa impérial est notamment traduit par Ursula Le Guin en anglais.
    Kalpa impérial a reçu des prix de fantasy (World fantasy) ; les douze autres livres, à l'exception de Trafalgar, ne relèvent pas du domaine dit de l'« imaginaire » - contrairement à ce qu'indique sa fiche wikipedia.
    La Volte compte entreprendre de faire connaître au lectorat francophone d'autres livres d'A. Gorodischer.
    Ce livre paraît juste après la dernière dictature argentine en 1983, comme de nombreux livres argentins qui ont été censurés, il n'aurait pu paraître en cette période trouble.
    C'est un livre poétique, onirique, un exemple parfait de la littérature argentine, de son style, de sa force, de son originalité, de sa personnalité.
    Une histoire caustique et ubuesque (on pense à A. Jarry souvent), fantastique (à la manière des Villes invisibles d'I. Calvino).
    Un conte, une fable, un roman tissé d'histoires narrant les naissances et chutes d'un Empire : « l'Empire le plus vaste qui ait jamais existé ». Kalpa impérial (Empire infini) c'est ça: une boucle, une danse macabre qui se répète et ne trouve comme finalité que le début d'une autre boucle. Kalpa impérial est un livre universel. Universel et visionnaire. Qui conte l'histoire de notre société sans la nommer.
    De la folie, de l'ignominie, de l'absurdité et de la beauté du monde. Qui ne cite aucune des dictatures mais elles sont pourtant sous nos yeux. Qui parle de la domination de certains pays européens et nord-américains sur le reste du monde, sans en parler. Universel mais actuel aussi, puisqu'elle parle de crises migratoires, de despotisme, de famine, de politique, de pouvoir, de liberté...
    Un roman qui parle d'écologie, de villes végétales qui commencent tout juste à voir le jour aujourd'hui. On a le sentiment que le livre a été écrit aujourd'hui.

  • Nora Keller n'aime pas les secrets. Surtout lorsqu'elle en est victime par tacite reconduction avec l'aval de sa neuropsy- chologue de mère, peu arrangeante sur tout ce qui touche à son père. Jeune fille ordinaire - si l'on excepte ses tendances lunatiques, ainsi qu'elle préfère les nommer - et studieuse - dans la mesure du possible -, Nora cultive la différence et les crises existentielles. Jusqu'à ce qu'elle découvre, à l'occasion d'un gala en l'honneur de l'INRIA, une piste sur l'identité de son géniteur, et s'y précipite en compagnie de Régis, matheux cinéphile et petit ami en devenir. Retrouver son père n'est cependant pas mince affaire. A fortiori lorsque le candidat le plus pertinent se relève aussi le plus défavorable à l'idée d''avoir une fille. Et, pour ne rien gâcher, ce Charles Dickovsky n'est pas non plus le scientifique le moins con- troversé du milieu. Pour Nora, lui ôter son masque s'avère d'ores et déjà périlleux...

    En contre-point, l'infortunée Priscilla se morfond dans la clinique où elle s'est réveillée amnésique et paralysée.
    Si elle ne manque de rien ni d'amour en la présence de Nick, son époux, d'étranges phénomènes ne tardent pas à insinuer le doute en elle. Pourquoi lui promet-on une sortie qui n'arrive jamais ? Pourquoi les télécommandes rampent-elles au sol comme des insectes ? Et pourquoi personne ne veut répondre à ses questions sur cette île où elle se sent prisonnière ?

    Mais avant tout, qui est donc cette Drusilla Strange que les corbeaux disent décédée depuis vingt ans ?
    Le temps, la mémoire, la perception du réel, les métamor- phoses de la chair : autant de thèmes chers à Jacques Barbéri qu'il aborde d'une plume renouvelée dans ce nouveau roman.
    Auteur réputé de science-fiction, il réussit ici un roman resserré qui répond aux codes du thriller, flirtant avec les rêves et la perception de la réalité, construit autour de deux histoires qui s'entrelacent habilement autour d'un secret mortel.
    L'Enfer des masques est un roman angoissant qui donne à éprouver les possibles scientifiques et la monstruosité de l'amour.

  • Susto

    Luvan

    Sur l'île de Ross, aux confins de l'Antarctique et à une date indéterminée, le volcan Erebus couve la ville de Susto, métropole mythique à la population cosmopolite, fourmil- ière de colons, de mineurs, de triades, de minutemen et d'enfants perdus.
    Cité en éventail scindée par des murs jadis protecteurs, mais devenus instruments d'oppression, Susto est le théâtre des soubresauts des derniers représentants d'une humanité aux abois. Les sustoïtes tentent de s'y bâtir une existence, grondent à l'unisson, résistent, se repoussent et s'attirent au coeur de cette Pompéi australe.
    À l'instar des romans picaresques et des feuilletons du XVIII e , le récit brasse tous les genres à sa disposition - comics, voix radiophoniques, pulp et roman populaire jusqu'au théâtre antique - en une fresque chorale qui épouse le rythme de l'éruption, volcanique et sociale. On y croise une vulcanologue étudiant les stades du cataclysme ; un héros masqué devenu le porte-drapeau des mineurs hispano- japonais spoliés ; un espion qui écoute pour le compte du gouvernement ; une prophétesse (aux accents volodiniens) scandant les appels à la révolte dans des messages poé- tiques cryptiques; une ancienne incantatrice...
    Mais quel désastre, de la colère d'Erebus ou des révolutions humaines, aura finalement raison de leurs faibles espoirs ?
    Susto désigne, dans la langue des Indiens d'Amérique, la « maladie de la frayeur », celle qui « laisse l'âme ailleurs » et niche en chacun de nous.
    Susto est le roman de nos peurs collectives, une fresque urbaine dont la conclusion funeste se veut d'emblée irrévocable.

  • Rien dans l'univers n'est comparable à Nopal. Ce petit bijou galactique est un trésor d'imprévisibilité dont la population disparate se consacre aux plaisirs et à la créativité, nourrie par les odeurs et les sons qu'inventent notamment les artistes en gastronomie. Boutiques de désirs, lecture sur les ailes des oiseaux, liberté des amours... Pour Loti et Marjorie, c'est le lieu idéal pour passer les dernières années de leur vie.
    Afin de mériter cet ultime pays d'Utopie, un sacrifice est cependant nécessaire, même après avoir réussi à s'adapter aux changements incessants provoqués par Mandrake sait quoi. Derrière les rêves devenus réalité se cache une étrange vérité. Et c'est pour appréhender cette complexité que Loti et Marjorie ne reculeront devant rien, pas même les fantômes de la fatalité. Un récit ardent, dont l'audace et l'exotisme composent un chant à l'être aimé

  • Parvenu à l'âge des choix et des bilans, cet âge où l'on ne peut plus mentir à la vie, le réalisateur Simon Cadique entrevoit un sujet qui pourrait devenir son oeuvre. Un film vérité sur deux figures injustement oubliées de l'histoire, deux fils de la paysannerie picarde qui dans les années 1900 se transformèrent en arpenteurs des airs et en industriels de la modernité, deux frères, les frères Caudron, dont les avions qu'ils fabriquaient à mesure qu'ils les inventaient, et qui portaient leur nom, s'envolèrent à l'assaut du XXe siècle sur les plages de la baie de Somme.

    Mais comment être certain d'apprécier sans la trahir l'atmosphère faite de neuf et d'ancien qui régnait en baie de Somme un siècle plus tôt ? À quoi pensaient les frères Caudron en bricolant leurs machines ? À quoi pensaient les badauds endimanchés qui regardaient s'élever du sable biplans, biplaces et autres aéroplanes ?

    Simon sait combien le temps rend chaque époque irrémédiable à l'autre. Mais le temps a sa propre histoire et cette fois, il en a décidé autrement. Amitiés, richesses, souvenirs, amours : toutes les cartes sont en passe d'être rebattues. Car, dans un ressac digne des plus grandes marées, ce sont les époques elles-mêmes qui viennent se percuter à l'embouchure de la Somme.
    Dans ce roman où, entre enquêtes et aventures, les lumières de la baie de Somme apparaissent comme une suite de peintures, où la sensualité des plats et des vins de différents âges traverse les époques, où les rencontres et les possibles galopent sur des paradoxes de la physique moderne, Philippe Curval élabore un tableau subtil et mouvant, dessinant la rencontre des hommes et d'une nature que le temps n'a de cesse de réinventer.
    Dans une petite école d'Hafnafjordur, entre une falaise arpentée par les fées et un champ de lave hanté par le passé, se noue un drame cosmique aux fantastiques implications. Où est passé Elliot, le très vieux concierge muet et autiste, à la veille d'une dernière kermesse?? Comment a-t-il réussi à quitter une chambre sans fenêtres, fermée de l'intérieur?? Bracken, le professeur de dessin parti à sa recherche, va mettre au jour un impossible secret, écho des plus vieux mythes islandais, où absurde, poésie et terreur se confondent dans le mystère d'un dangereux cache-cache.

  • L'épitaphe de l'authentique Nicolas Eymerich, dominicain nommé Inquisiteur Général d'Aragon en 1357, évoque sa personnalité : "prédicateur de la vérité, inquisiteur intrépide, docteur de premier ordre".
    Sous la plume de Valerio Evangelisti, le magister Eymerich, détective d'une redoutable efficacité, doté d'un tempérament implacable, enquête sans faillir sur les phénomènes aberrants. Le premier volet de ses aventures décrit sa fulgurante accession au plus haut des pouvoirs de son temps. Grâce à une conviction aussi manichéenne qu'inébranlable, l'Inquisiteur combat sans vergogne ce qu'il ne comprend pas, car il doit faire face à des apparitions dans le ciel et des naissances monstrueuses qui effraient les villageois.
    Au XXIIe siècle, un vaisseau envoyé dans le passé à la recherche d'une mystérieuse relique religieuse rate sa cible et se retrouve à proximité du lieu où officie l'Inquisiteur, tandis qu'à notre époque, un jeune homme nommé Frullifer tente, tant bien que mal, de défendre une thèse révolutionnaire sur une science énigmatique : la psytronique. Le talent de l'auteur est de nouer ces trois histoires et trois temps différents, jusqu'à les entremêler, là où le futur explique le passé.
    Grâce à une écriture efficace, des dialogues d'une noirceur mordante et une cadence effrénée, Valerio Evangelisti revitalise la littérature de l'imaginaire, dans un curieux mélange d'histoire, d'horreur et de science fiction.

  • Way inn

    Will Wiles

    Il a la tête de l'emploi et le nom de son métier : Double. Neil Double.
    Agent anonyme chargé de remplacer les hommes d'affaires lors de salons auxquels personne ne souhaite se rendre, ce professionnel de la doublure passe sa vie entre hôtels de chaînes internationales et conventions en tous genres, logé de chambre en chambre au gré de ses déplacements. Et il aime ça. Une petite routine sans histoires où les draps sont propres et sans pli, où les savonnettes sont livrées sous emballage plastique sur le rebord de la baignoire et où le sourire ultra-bright des employés accompagne chaque service commandé en temps et heure. Dans ce schéma policé, Neil Double n'a à s'occuper de rien en dehors de son travail, dans les méga-centres de congrès. Il ne s'en plaint pas, car les nombreux avantages qu'il retire de la situation le satisfont au mieux. D'ailleurs, il aurait pu continuer longtemps ainsi, à profiter d'aventures sans lendemain, des serviettes chaudes et repassées et de petits-déjeuners continentaux passés à bavarder avec ceux qui le prennent pour un confrère ou un concurrent sur les salons. Oui, il aurait pu, lui qui ne commet jamais d'impair.

    Mais il faut qu'un grain de sel, fatalement, enraye un jour cette mécanique trop bien réglée.
    Expulsé du congrès des organisateurs de congrès, Neil Double deviendra la cible de la machinerie administrative et sera précipité dans un broyeur aux accents kafkaïens. Victime à son insu, tel le protagoniste de Brazil, il ne pourra plus ignorer le labyrinthe de l'hôtel qui s'étend au-delà du réel ni ses inquiétantes énigmes...

    Après Attention au parquet !, Will Wiles dépeint dans Way Inn un univers professionnel, sans frontières ni aspérités ; il démonte - et détraque - les rouages de notre société de consommation avec la minutie d'un Bret Easton Ellis. À travers le parcours de son héros moulé dans sa routine bien rodée, répétant une existence parfaitement maîtrisée, l'auteur ne se contente pas de mettre en scène les absurdités de cette comédie humaine, il nous plonge dans un roman qui se fait de plus en plus délirant, surréaliste, jusqu'à basculer dans le fantastique.

    Devenu cauchemardesque tout en demeurant drôle, ce séjour dans l'antre du conformisme est un ingénieux objet littéraire, original et corrosif.

  • Le stathouder Arec est chargé par la PSI (Protection Surveillance Intervention) du bunker d'éliminer Anjelina Séléné contaminée par les «autres». Il efface comme à chaque fois, en bon professionnel, sa cible, mais l'image de cette femme hante régulièrement ses pensées. Aurait-il exceptionnellement des remords? Une fois sa mission effectuée, il réintègre le bunker, bâtiment souterrain où travaillent et sont logés les membres de la PSI. Il emprunte des chemins détournés en évitant comme à son habitude les postes de contrôle, mais cette fois-ci un fonctionnaire zélé aperçoit son manège et le dénonce. Arec est convoqué par ses supérieurs, mais l'entrevue tourne plus autour de sa dernière «cible» - l'a-t-il réellement effacée - que des entorses au règlement. Qui est réellement cette jeune femme pour que les instances dirigeantes du bunker s'y intéressent à ce point? Kô, son ami et voisin, a qui il demande régulièrement conseil pense qu'il n'y a pas besoin de lire entre les lignes pour conclure que les dirigeants du bunker veulent sa peau d'une manière ou d'une autre. Mais qui sont réellement les gouvernants du bunker et, au delà, des différentes communautés qui peuplent la surface? La Tête, alias le président, alias le condottiere, qui ne montre jamais le même visage sur l'écran des Anes, et dont personne ne connaît la véritable apparence -humain, machine, extra-terrestre? Ou bien la Girouette chargée d'énoncer lois et règlements et qui n'hésite pas à faire intervenir les jeux de hasard pour attribuer certains fonctions ou certains titres?

  • On a souvent tendance à croire que l'imaginaire rime avec l'ailleurs, pour se détacher justement d'une réalité parfois trop...
    Envahissante. Et si l'imaginaire s'amuse à dépeindre, presque par principe, le grandiose, le démesuré, l'inédit ou le singulier, il aime aussi se nicher, se terrer, s'enfouir et prendre racine dans le détail et le relief du réel.
    C'est pourquoi La Volte propose à l'occasion de ses 10 ans de creuser des sillons en faisant rimer imagination avec région. Dans le passé, le présent, le futur, les auteurs écriront sur la région de leur choix (industrielle, intacte, morne, vivante, sublime, détestable, recherchée, oubliée, et plus encore si affinité) celle que vous aimez ou détestez, mais celle qui vous inspire !
    Il ne s'agit ni de prôner le retour au terroir, ni d'exalter la mondialisation. Il s'agit de surprendre, en entremêlant deux notions qui pourraient sembler antinomiques : d'un côté l'ancrage dans les spécificités et les vérités d'un lieu, et de l'autre le dépassement des frontières et du réel.
    Sur une idée originale de Stéphane Beauverger et de David Calvo.

  • Le parcours initiatique d'Akiloë jeune Indien de Guyane. Après la disparition de sa tribu, il est élevé par une institutrice missionnaire puis adopté par un physicien polonais et réussit à devenir astronaute sans renier ses racines. Ce roman pose la question des effets de l'éducation à l'occidentale et du devenir des tribus amazoniennes face à l'invasion de la civilisation occidentale.

  • Depuis ses premiers textes publiés à l'âge de quinze ans dans Fiction ou Hara-Kiri, jusqu'à aujourd'hui pour Science-Fiction, Futurs ou Traverses, Philippe Curval n'a jamais cessé d'oeuvrer pour la nouvelle, reine de la S.-F., en raison de sa capacité à spéculer logiquement autour d'une idée originale transposée au futur. Ceci en utilisant l'imaginaire scientifique en tant que moteur à explosion.
    Parmi les quelque cent cinquante nouvelles qu'il a publiées à ce jour, certaines se présentent sous la forme de récits d'aventures au ton singulier ; d'autres versent dans le « non- sens », s'affirment d'un humour corrosif, empruntent leur poésie au surréalisme ; la plupart s'interrogent sur notre monde en profonde mutation, fruit des rapides avancées technologiques. Par sa sélection de dix-huit titres au sein de cette multitude, cette anthologie se veut un choix exhaustif des différentes manières - et matières - de Philippe Curval, en révélant à la fois son évolution et la filiation thématique de ses textes « spectaculaires et imagés ». Une immersion complète et fascinante dans plusieurs décennies d'un art littéraire « qui prend véritablement en compte le réel, et le réel à venir, qui essaie d'écrire sur des structures sociétales nouvelles » et qui donna lieu à plusieurs grands ouvrages du genre, jusqu'à faire de leur auteur un « des incontournables protagonistes de la science-fiction française ».

  • Black bottom

    Philippe Curval

    Beth Raven est en train de perdre la boule. Professeur réac et amoureux cocufié, il profite de sa grève-maladie illimitée pour s'implanter une puce iCortex et écrire un blog vengeur dans lequel il rage avec génie. Le succès est fulgurant, mais lui-même ne se doute pas qu'il sera bientôt happé par un tourbillon d'événements en plein coeur d'une Venise schizophrène, devenue Sérénissime de cauchemar.
    En proie à ses angoisses, c'est en compagnie d'une créature artistique vivante, Avaro, que Beth entame une lutte afin de recouvrer son équilibre mental. Au rythme du black bottom, danse des années vingt aux accents vaudous, Philippe Curval nous entraîne dans un autre espace du temps, prédit par Einstein : l'aréel. Traversant avec un humour féroce le monde international de l'art, de Paris à Venise, il nous livre ici une comédie dramatique exubérante, dans une écriture réinventée, dont l'énergie et l'originalité nous bringuebalent avec euphorie.

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