Eclat

  • L'utopie sociale naît d'une insatisfaction collective.
    L'utopie réalisable, c'est la réponse collective à cette insatisfaction. mais comment répondre collectivement à une insatisfaction ? et quelles limites une collectivité doit-elle respecter pour satisfaire à son utopie réalisée ? telles sont les questions soulevées - avec une grande précision et quelques dessins au trait - par le livre de yona friedman, paru pour la première fois en 1974, et revu et augmenté pour cette édition.

  • Le livre que nous nous proposons de publier rassemble 34 essais ou conférences d'Ursula Le Guin qui accompagnent ou explicitent son oeuvre de (science-)fiction. La forme de ces écrits est plurielle, comme son écriture, et à côté de simples conférences, retravaillées et commentées pour la publication, on trouve des récits de voyage sous une forme poétique, de courtes paraboles sur la question du féminisme, et d'autres textes sur ses propres écrits, qui nous permettent d'en mieux comprendre le fonctionnement ou les implications et nous informe sur sa conception de l'écriture et du rôle de l'écrivain. On retrouve dans ces textes l'audace singulière d'Ursula Le Guin qui n'hésite pas à mélanger les genres, provoquer des collusions de concepts et à traiter tout à la fois de ménopause et de responsabilité sociale dans l'Empire nord-américain de la fin du XXe siècle. Disparue quelques semaines après avoir donné son accord pour cette publication en français, Ursula Le Guin, comme son ami Philip K. Dick, fait partie des visionnaires de la littérature, qui sortent du cadre strict de la science-fiction pour figurer de plein droit au panthéon des grand écrivains du siècle.

  • La TAZ (Temporary Autonomous Zone), ou Zone Autonome Temporaire, ne se définit pas. Des "Utopies pirates" du XVIIIe au réseau planétaire du XXIe siècle, elle se manifeste à qui sait la voir, "apparaissant-disparaissant" pour mieux échapper aux Arpenteurs de l'Etat. Elle occupe provisoirement un territoire, dans l'espace, le temps ou l'imaginaire, et se dissout dès lors qu'il est répertorié. La TAZ fuit les TAZs affichées, les espaces "concédés" à la liberté : elle prend d'assaut, et retourne à l'invisible. Elle est une "insurrection" hors le Temps et l'Histoire, une tactique de la disparition.
    Le terme s'est répandu dans les milieux internationaux de la "cyber-culture", au point de passer dans le langage courant, avec son lot obligé de méprises et de contresens.
    La TAZ ne peut exister qu'en préservant un certain anonymat ; comme son auteur, Hakim Bey, dont les articles "apparaissent" ici et là, libres de droits, sous forme de livre ou sur le Net, mouvants, contradictoires, mais pointant toujours quelques routes pour les caravanes de la pensée.

  • Bolo 'bolo

    P.M.

    « Bolo'bolo est une modeste proposition pour un nouvel arrangement sur notre vaisseau spatial après la disparition de la Machine-Travail planétaire.» Livre culte des années 80, écrite par l'anonymus P.M., l'utopie bolo'bolo continue de hanter les esprits des insatisfaits du nouveau siècle, et propose un modèle d'« utopie réalisable » dans lequel il fait bon grapiller des idées pour le présent, en attendant la mort lente annoncée de l'économie qui permettra qu'en cinq années, la terre devienne un vaste bolo. Le livre a 30 ans. Il faudra fêter bolo.

  • Autobiographie par la couleur d'un cinéaste, peintre, écrivain, scénographe et jardinier, qui mêle à ses souvenirs d'enfance et de jeunesse le long des blanches falaises du Kent ou dans les quartiers 'rouges' de Londres, ses lectures de Wittgenstein et de Léonard, de Pline l'Ancien ou d'Allen Ginsberg, dans un dernier regard plein d'humour lucide sur le gris vingtième siècle, dont il n'attendra pas la fin pour prendre congé.

    Derek Jarman meurt du sida en 1994, laissant de nombreux films (Caravaggio, Wittgenstein, Bleu. ), des tableaux, des livres et un jardin miraculeux sur la lande de Dungeness, pour les promeneurs du vingt-et-unième siècle.

  • En janvier 1982, Philip K. Dick s'entretient avec Gwen Lee, que lui a présenté son amie Elaine Sauter. Dick parle longuement du film d'un jeune réalisateur, Ridley Scott, tiré de sa nouvelle Les Androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? alors en cours de montage et qui sortira sous le titre Blade Runner; et évoque pêle-mêle toutes les questions qui font de sa biographie un véritable roman de Philip K. Dick. Deux mois plus tard, Dick meurt à l'hôpital des suites d'une vie... "remplie". Dernière conversation avant les étoiles est donc un document de première importance pour les fans de Philip K. Dick, comme pour tous ceux qui voudront découvrir le cheminement de la pensée d'un homme qui a pu décrire entre 1955 et 1982 le monde que nous avons aujourd'hui sous nos yeux inquiets.

  • La Horde d'or est un ouvrage de grande ampleur qui relève à la fois du livre d'histoire, de la compilation de documents, du témoignage à la première personne. Il associe analyse, documentation et écriture. Il fait partie de ces ouvrages "trans-genres" (pour reprendre une terminologie en usage dans d'autres domaines), qui apporte une information de première main et de première importance sur un moment crucial de l'histoire politique italienne, mais également européenne. Outre les deux rédacteurs principaux, l'un écrivain, l'autre libraire (décédé en 1998), de nombreux auteurs italiens ont participé à l'ouvrage, signant des contributions souvent importantes. On peut citer : Paolo Virno, Umberto Eco, Antonio Negri, Raniero Panzieri, Sergio Bologna, Oreste Scalzone, ou même ... Giorgio Amendola.

    À ce jour, c'est encore l'unique ouvrage disponible sur l'ensemble des conflits sociaux en Italie entre 1968 et 1977. Le seul livre qui traverse l'ensemble des composantes de ce mouvement souvent ignoré, parfois mythifié. Sans doute, la formule « années de plomb » a-t-elle joué un rôle important dans cet effacement, puisqu'elle prétend encore en résumer la teneur et l'avenir. Elle marque surtout un manque d'histoire sur le « long mai» italien, et c'est à ce manque d'histoire que Primo Moroni et Nanni Balestrini ont voulu explicitement répondre, et à quoi s'est attelé un collectif d'auteurs, afin de raconter à nouveau, et livrer un panorama à la fois large et précis de ce qu'ils ont appelé, la « grande vague révolutionnaire et créative, politique et existentielle» de l'Italie entre 1968 et 1977.

    Outre des analyses et des contributions de témoins et de lecteurs de cette « grande vague », le livre réunit un ensemble de documents considérables, soigneusement choisis et dont un grand nombre serait tombé dans l'oubli sans le soin particulier d'archiviste qui caractérisa Primo Moroni, à l'initiative de l'ouvrage, dont la librairie ouverte à Milan en 1971 devint vite un repère incontournable pour l'ensemble de la gauche italienne. À ce titre, on trouve dans La Horde d'or aussi bien des chansons que des tracts, des récits et des témoignages, des analyses, des communiqués, des appels ou des articles, tous publiés à l'époque et relatifs aux événements qui ébranlèrent la société italienne.

  • Le mouvement des kibboutz prend forme en Palestine mandataire dès 1904, et deviendra l'une des expériences de vie communautaire et de progrès social les plus accomplies du XXe siècle. S'il s'inscrit dans le cadre plus général du mouvement sioniste, on sait peu à quel point ses fondements idéologiques et politiques sont ancrés dans la pensée anarchiste telle qu'elle a pu se développer chez des auteurs comme Kropotkine ou Landauer. C'est l'histoire de cette révolution vivante qu'a voulu retracer James Horrox dans ce livre. Et s'il en analyse aussi l'échec partiel, il rend compte aussi de ses formes de renaissance en ce début de siècle, qui témoignent d'une vitalité paradoxale qui est la seule possibilité d'une paix durable dans cette région du monde.

  • Ce qui s'invente et se construit à la zad de Notre-Dame-des-Landes est à mille lieues de ce que la calomnie ordinaire véhicule sous le faux étendard du "progrès qui donne des ailes". Parce que le "progrès" c'est précisément le retour au vieil adage de Delphes:
    "Rien de trop", retour à une économie de partage véritable, une solidarité entre les générations, un "commun" démonétisé, une agriculture raisonnée, une bibliothèque dans le bocage etc. Avec ce nouveau livre, la Mauvaise troupe revient sur l'importance des enjeux de la Commune de la zad, sous une forme nouvelle, où s'écrivent les contes et légendes d'un territoire à défendre autant qu'à inventer chaque jour.

  • A la manière d'un aimant, la question d'Israël affole les boussoles de la pensée et inverse une fois encore la vieille dialectique que Marx avait pourtant remise sur ses pieds. Quand il s'agit de critiquer l'impérialisme ou les formes larvées d'un colonialisme revisité, Israël est la cible privilégiée de mouvements les plus divers qui semblent s'accommoder toutefois de formes autrement violentes, autrement insupportables, des pires théocraties, travestis en mouvements de libération nationale.
    Mais Israël est aussi l'écran de fumée derrière lequel nos démocraties occidentales se livrent aux plus insignes exactions, brandissant le "cancer Israël", qui est à peine un rhume de foin au regard de ce qui se trame, ne serait-ce que dans ce qu'on appelle la Françafrique, avec sa ribambelle de massacres, famines, rapines et corruptions. Se pourrait-il alors que le mal dont souffrent nos penseurs bien-pensants soit une simple allergie aux Juifs, "peuple sûr de lui et dominateur", comme on a pu le dire jadis et naguère ? Ivan Segré remet les choses à leur place et revient sur la célèbre phrase de De Gaulle, qu'il lit dans un contexte plus large qui va de la Guerre des Six jours à la ...
    Guerre du Biafra, où d'importants intérêts étaient en jeu pour la France. Il prône ici un anti-impérialisme qui vise la bonne cible : notre vieil Occident, quand il est sûr de lui et dominateur.

  • À partir de deux événements de l'histoire politique récente : la lutte contre l'Aéroport de Notre-Dame des Landes et la Lutte "No-Tav", dans le Val de Suse, la Mauvaise troupe a voulu approfondir, après les Constellations, l'une des dimensions du livre concernant le territoire et sa réappropriation pour inventer de nouvelles formes de vivre ou d'habiter.
    Construit sur le modèle des Constellations, le livre donne la parole aux acteurs de ces luttes sous forme d'entretiens, de correspondances, de textes à la première personne, accompagnés par la voix polyphonique du collectif.
    Il s'ouvre sur un appel à un mouvement plus large où viendrait s'agréguer les expériences multiples, clandestines, de celles et ceux qui ont fait le choix d'habiter différemment la terre et redonnent vie au mot "peuple".

  • La force du voisinage a circulé dans des versions allemande ou anglaise dès 2012. Le texte est parti probablement du "bolo" de Zurich et s'est enrichi de nombreuses contributions des acteurs du collectif "Redémarrer la Suisse". C'est une proposition d'un renouveau économique et social sur la base de la notion aussi ancienne que moderne de "Communs", à partir du cercle du voisinage à l'intérieur d'une communauté restreinte, mais ouverte. Avec son pragmatisme et son humour particulier, PM décrit avec minutie le fonctionnement de ces voisinages, où la seule inconnue reste finalement la "bonne nature humaine" qu'aucune étude n'est encore parvenue à cerner entièrement et qui ne manque jamais d'affirmer: "d'accord pour les voisinages, mais pas avec ce trou du cul du troisième étage".

  • Dans le bocage de Notre-Dame-des-Landes, menacé depuis les années 60 par un projet d'aéroport, un espace d'expérimentation foisonnant a fleuri. Depuis la résistance victorieuse à la vague d'expulsions de l'automne 2012, la zad est devenue un cri de ralliement, inspirateur de multiples autres foyers d'insoumission. En janvier 2016, alors que le gouvernement en place annonçait un retour en force des gendarmes mobiles sur le terrain, ce texte se faisait l'écho de cette aventure politique et appelait, passionnément, à défendre la zad. Cette réimpression, postérieure à la décision d'abandon du projet d'aéroport le 17 janvier 2018, rappelle que si la menace de travaux a bien disparu, il - faudra encore défendre l'expérience inédite qui s'y dessine chaque jour.

  • Nous, opéraïstes est le récit, à la première personne, de ce que fut le mouvement opéraïste entre les années 60 et 70, et qui a imprégné la plupart des mouvements de la gauche extra-parlementaire en Italie et en Europe. Histoire d'une aventure politique et intellectuelle, de ses ouvertures comme de ses errements, de ses avancées comme de ses retentissants échecs, elle est d'un enseignement exemplaire pour la refondation d'une pensée critique en ce début du XXIe siècle, et se double, avec l'écriture de Mario Tronti, d'un petit chef d'oeuvre de 'style', où prime le « critère de l'honnêteté ».

  • À l'automne 2015, le gouvernement a annoncé que démarreraient au plus vite les travaux de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Il a martelé sa volonté d'expulser la zad de l'ensemble de ceux qui l'habitent et la cultive. Avec les efforts conjugués des tractopelles de Vinci et des grenades de la gendarmerie, il entend tenter, une fois encore, « dès que possible », de venir à bout de tout ce qui pousse et vit dans ce bocage.
    C'est pourquoi nous avons voulu dès que possible faire paraître ce petit livre, éclaireur et annonciateur d'un livre à venir, pour appeler partout à défendre la zad et, à travers elle, tout l'espoir contagieux qu'elle contient dans une époque plombée.
    La conviction qu'il est possible d'arrêter les projets destructeurs de ceux qui prétendent nous gouverner et de se libérer du joug de l'économie. L'aspiration à inventer ici et maintenant d'autres manières d'habiter le monde, pleines et partageuses. Cet espoir s'ancre dans une histoire commune, riche des élans de dizaines de milliers d'insoumis et de liens indéfectibles soudés par le temps. Cette brève nouvelle politique invoque quelques fragments décisifs de cette aventure, comme autant de conjurations face à la menace et de repères éclatants pour l'avenir.

  • Si l'utopie, chère à Alphonse Allais, de construire les villes à la campagne n'a pu se concrétiser, on a vu surgir depuis quelques années des expériences de "campagne à la ville", dans la tradition des anciens potagers urbains, ayant pour objectif d'interrompre "le long orphelinat" des bâtiments sans âme dont la fureur immobilière a le secret. Ces friches surgissent sur des terrains oubliés, dans l'angle mort de barres d'immeubles ou sur les toits et renouvellent l'idée de la ville-jardin. À partir de l'histoire de Bruxelles, où existait déjà une tradition de jardin ouvriers, l'ouvrage retrace l'histoire de cette "idée" et des combats qu'elle suppose dans l'univers impitoyable de la promotion immobilière, et témoigne des expériences nouvelles, victorieuses du béton des grands ensembles.

  • Avec l'apparition du numérique, les 'créations' se détachent lentement de leurs supports matériels.
    Images, musique, mots et algorithmes sillonnent la planète jour et nuit, devant les yeux écarquillés des marchands. L'exode du savoir conduit à une terre promise à bien des bouleversements. Tandis que des armées de juristes s'interrogent sur la manière de pouvoir "vendre les idées", une rumeur s'élève, laissant entendre qu'elles pourraient être "libres comme l'air, libres comme l'eau, libres comme la connaissance".
    Des logiciels libres au MP3, du droit de citation au plagiat considéré comme un des beaux-arts, Richard Stallman, Bruce Sterling, John P. Barlow, Richard Barbrook, Ram Samudrala, Philippe Quéau, Bernard Lang, Eric S. Raymond, Benjamin Drieu, Michael Stutz, Jean-Michel Cornu, Critical Art Ensemble, Negativland, Antoine Moreau et Michel Valensi dessinent les contours de la communauté paradoxale du " Libre ".

  • Vous avez un chien se présente sous la forme d'une bande dessinée qui met en scène un/e chien/ne et son/sa maître/sse. C'est un manuel d'éducation pour tous ceux qui vivent avec des animaux domestiques ou d'autres êtres vivants. Écrit par Balkis Berger- Dobermann, qui partage la vie des Friedman depuis plus de douze ans, Vous avez un chien aurait pu s'intituler Comment dresser ses maîtres, mais l'auteur a préféré s'en tenir à un titre plus général et moins anthropomorphe. Vous avez un chien est aussi un livre pour ceux qui ont des chats, des canaris, des poissons rouges.

  • La possibilité désormais ouverte de créer un mécanisme capable de mémoriser et de traiter des connaissances a été un important bouleversement de notre conception du savoir. Si Dieu a créé l'homme à son image, qu'en est-il de cette machine créée par l'homme, et susceptible de se substituer à lui dans certains domaines? Quelle 'image' de l'homme restitue-t-elle en retour? Sera-t-elle un golem des temps modernes? À moins que ce ne soit l'homme, désormais incapable de maîtriser son savoir, qui soit destiné à devenir le golem de sa propre destruction. Autant de questions qui affleurent dans ce texte paru en 1964, et qui prennent aujourd'hui une dimension qui dépasse toutes les (dés)espérances.

  • L'Association des astronautes autonomes a été lancée en 1995, avec comme pour premier objectif la constitution d'un réseau planétaire de groupes ou individualités en faveur du développement de programmes spatiaux indépendants.
    Auto-dissoute avec le vieux siècle, elle laisse la trace de ses cheminements vers les étoiles dans cette anthologie, où sont abordées des questions aussi diverses et complémentaires que la Guerre de l'information, les projets d'habitacles humains dans l'espace, les expériences sexuelles, théâtrales et chorégraphiques en apesanteur et les secrètes apocalypses que nous réserve le ballet funeste des sondes spatiales et des satellites militaro-scientifiques.

  • Ce livre est la première anthologie en français d'écrits de Korzybski. Il permet de juger sur pièces une oeuvre citée et utilisée dans des domaines trop souvent éloignés des préoccupations de son auteur. Le principe de base de la Sémantique générale et du système non-A est la caducité de la logique aristotélicienne, sur laquelle se fonde encore pourtant notre mode de pensée. Les perspectives ouvertes par la Sémantique générale débordent très largement le cadre strictement philosophique, ce qui explique en partie le succès des deux précédentes éditions de ce livre. Pouvoir "penser non-A" est une voie vers ce que Korzybski appelle la "sanité" des hommes et des sociétés.

  • Paradoxe d'un temps qui s'achève en parfaite antinomie avec ses commencements : le vingtième siècle arrive à son terme, avec son cortège de luttes et de défaites, de guerres et de révolutions, de petite et de grande histoire.
    Moderniser la civilisation aura été sa tâche, sans qu'on se soit soucié de civiliser le moderne. Qui peut faire cela aujourd'hui ? Le Prince et l'Utopie - caractères fondateurs du politique dans la modernité - ne sont plus en contact. Dans l'espace qu'ils laissent vide, la politique chemine vers son crépuscule. Mario Tronti en analyse les déclinaisons. En reconstitue les généalogies. En retrace les aventures.
    De l'intérieur. Ce qui "n'est pas très normal pour un discours de philosophie politique". Emerge alors un nouveau critère : le critère de l'honnêteté, qui donne à ce livre une exceptionnelle dimension.

  • Opportunisme, cynisme, peur, exode, curiosité, bavardage, miracle, virtuosité.
    à l'occasion d'un séminaire sur le concept de multitude, paolo virno revient sur l'ensemble du lexique de ses précédents ouvrages, pour en enrichir le sens et en préciser les contenus. en effet, le concept de multitude, par opposition à celui, plus familier, de peuple, est un outil décisif pour toute réflexion sur la sphère publique contemporaine. ces deux concepts opposés l'un à l'autre, ont joué un rôle de première importance dans la définition des catégories politico-sociales de la modernité.
    Et si la notion de peuple l'emporta prioritairement, on peut se demander aujourd'hui si, à la fin d'un cycle long, cette ancienne dispute n'est pas en train de s'ouvrir à nouveau ; si aujourd'hui, alors que la théorie politique de la modernité subit une crise radicale, la notion de multitude, autrefois déboutée, ne témoigne pas d'une extraordinaire vitalité.

  • S'il est désormais évident que nous nous trouvons face à une crise économique sans précédent, son interprétation est toujours sujette à discussion. Que l'on pointe du doigt le système bancaire ou la finance qui ont intoxiqué l'économie réelle, la question n'en reste pas moins, pour Marazzi, que le capitalisme a poussé jusqu'à des extrémités inédites sa recherche dévorante du profit, s'acharnant désormais sur la classe moyenne qu'elle dépouille des habits qu'il lui a lui-même fourni. Publié en italien en 2009 dans l'urgence, ce livre donne une analyse de la crise et des stratégies adoptées par les gouvernements et avance quelques hypothèses sur leur évolution. Cinq ans plus tard, certaines se sont confirmées, d'autres nous attendent encore, si la vie sans prise de conscience suit son cours.

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